Kit Actu’ « Genre et participation »

Ces dernières décennies, les termes « genre » et « participation » sont devenus de plus en plus communs dans les théories et les pratiques de développement. Les défenseurs de ces concepts affirment qu’ils permettent aux groupes les plus marginalisés, tels les femmes ou les pauvres, d’être représentés. Toutefois, ces deux concepts font aussi l’objet de critiques, puisqu’on leur reproche de ne pas véritablement servir les intérêts de ceux qu’ils prétendent représenter. Associer le genre aux démarches participatives peut renforcer à la fois le genre et la participation en ancrant le genre dans la réalité quotidienne de la vie des personnes et en transformant la participation en un outil plus efficace d’expression des demandes des personnes marginalisées. L’intégration de ces deux démarches peut augmenter la redistribution de résultats positifs des projets, des programmes et des politiques. Ce Kit Actu’ offre des pistes de réflexion à ce sujet – il comporte un Panorama exposant brièvement les débats clés en termes de genre et de participation, une Boîte à outils présentant des résumés de textes de référence, des outils, des études de cas et des coordonnées d’organisations compétentes ainsi qu’un bulletin d’information Genre et développement En Bref avec trois courts articles sur ce thème. Unique en son genre, le kit contient également un résumé pratique de quatre pages du Panorama.

Genre et participation : Panorama (version abrégée)
Ce Panorama (version abrégée) examine les convergences entre l'approche genre et l'approche participative, comment elles ont été conduites, et ont été ou pourraient être, intégrées de façon constructive aux projets, aux programmes, aux politiques et aux institutions. Les deux premières parties présentent les données de base sur les notions de genre et de participation, et explique les raisons du manque d’interaction entre elles de part le passé et du peu de tentatives d'apprentissage mêlant ces deux approches. La troisième partie étudie les efforts déployés pour associer les méthodes participatives et la notion de genre dans les projets. La quatrième partie montre comment elles ont été utilisées pour influencer les politiques et évalue l’institutionnalisation des mesures afférentes. Dans sa conclusion, le Panorama met en évidence les recommandations clés déstinées aux politiques, aux projets et aux programmes et identifie les lacunes de la recherche dans ce domaine. Recommandations issues du Panorama Pour les programmes et les projets : - Développer des méthodes de travail sur les différences telles que l’âge, la composition sociale, la classe sociale et le statut marital pour permettre aux individus de rapporter leurs propres réalités sociales. - Encourager les hommes, les femmes, et tout autre groupe social au sein de la communauté, à développer et à mettre en œuvre leurs propres plans d’action et à les utiliser pour faire un suivi et des évaluations approfondies. - Développer des systèmes d’évaluation de la performance du personnel mettant en évidence des indicateurs qualitatifs ; par exemple, la promotion de processus de renforcement du pouvoir plutôt que sur des objectifs quantitatifs - Former et renforcer les capacités des animateurs en termes de méthodes participatives et sensibles au genre et d’approches basées sur les droits et le plaidoyer. - Utiliser une approche basée sur les droits ainsi qu’une approche de sensibilisation intégrant le savoir et l’action sociale. Pour influencer les processus de formulation de politiques : - Développer des départements dédiés au genre au sein des gouvernements nationaux afin de favoriser la participation de la société civile aux processus de mise en place de politiques. - Employer et développer des outils et des méthodes et outils participatifs, notamment les méthodes d’Evaluation Rurale Participative (ERP), qui favorisent les informations ventilées par sexe et les perspectives de genre à différents niveaux des processus de formulation des politiques. - Pour la formulation des politiques, il faut que l’organisation contributrice (gouvernementale, non gouvernementale, ou toute autre institution telle que l'ONU ou la Banque mondiale) consulte les différents acteurs de la société civile, particulièrement avec les groupes de femmes et les autres groupes marginalisés, et qu’elle s’engage avec eux. - Les "discriminations" positives et la décentralisation des politiques, qui permettent aux femmes et aux hommes de participer aux politiques et aux programmes locaux qui les affectent, doivent être développés de concert avec les politiques permettant aux femmes de faire valoir leurs droits humains dans des domaines tels que l’accès à la propriété, le travail ou la violence. - Développer le renforcement des capacités et les programmes de formation afin de permettre une meilleure participation des femmes, et plus particulièrement des pauvres, aux processus de prise de décisions locaux. - Assurer une répartition budgétaire satisfaisante à l’attention des différents programmes basés sur des objectifs de répartition liés au genre.
Genre et développement En Bref Genre et participation – numéro 9
En Bref est un bulletin d’information de six pages visant à stimuler une réflexion sur un thème prioritaire relatif au genre. Ce numéro, axé sur le genre et la participation, donne d’abord un aperçu du sujet et des recommandations, et est suivi de deux études de cas distinctes qui présentent des réponses pratiques aux questions clés. L’article d'introduction rappelle aux praticiens du développement qu’il est du devoir des institutions de procéder à l’intégration systématique d’approches participatives et sensibles au genre dans leur travail pour garantir un développement vraiment équitable. Deux études de cas explorent ensuite des pratiques innovantes permettant de répondre aux résistances organisationnelles à l’équité de genre et aux conflits d’intérêts susceptibles d’apparaître dans les processus participatifs dans le développement. À l’heure où des initiatives en développement s’attèlent peu à peu à des programmes et à des politiques de niveau national, le dernier article examine l’intégration du genre aux stratégies de réduction de la pauvreté préconisées par la Banque mondiale.